vendredi 21 août 2009

C’est maintenant officiel

Nous sommes passés ce matin comme prévu devant la juge de la cour de Dnipropetrovsk et c’est maintenant officiel : nous sommes les parents de Jérémie. Nous étions plutôt stressés tous les deux ce matin en nous levant, mais heureusement, nous n’avons pas eu beaucoup le temps d’y penser étant donné que nous étions convoqués pour 8H30. Le jugement a duré 35 minutes; on nous a posé plusieurs questions à tour de rôle, sur nos obligations, nos finances, les congés parentaux, les raisons qui nous ont poussés à nous tourner vers l’adoption et sur les raisons qui nous ont fait choisir l’Ukraine. Les questions n’étaient pas très méchantes, mais l’ambiance était assez stressante. Nous nous sommes malgré tout très bien tirés d’affaire et nous avons reçu un jugement positif à la fin de l’audience. On nous a alors dit que nous recevrions les documents officiels le 1 septembre. Subséquemment, il faudra faire le nouveau certificat de naissance, le passeport, puis nous pourrons retourner à Kiev pour la fin des procédures avant notre départ pour le Canada. C’est donc environ 20 jours qu’il faut encore compter. Nous devrons encore user de patience, mais maintenant que le plus dur est passé et que nous savons que nous ne reviendrons pas chez nous seuls, c’est beaucoup plus facile de compter les jours. Mais le plus beau, c’est que nous sommes maintenant le papa et la maman de notre petit Jérémie. Enfin, voilà que notre rêve est devenu réalité ! Après le jugement, nous sommes allés chercher Jérémie à l’orphelinat et nous l’avons amené chez le photographe pour les photos de passeport. Lorsqu’il nous a vus, il était heureux comme jamais nous ne l’avions encore vu. Il était tellement mignon dans les bras de la nounou, alors qu’il avait un grand sourire et qu’il agitait ses petites jambes. Lors de la photo, nous avons eu toutes les difficultés à le tenir en place sur mes genoux. Nous avons réussi à prendre la photo au moment où nous lui avons donné un petit biscuit. Ainsi, il était parfait pour la pose, avec la bouche fermée et le regard fixé sur l’objectif. Nous partons dans quelques minutes pour la visite de l’après-midi et Dieu sait combien nous avons hâte de le revoir avec nos nouveaux yeux de parents.


Le tribunal du quartier d'Amour-Nijnedniprovskiy de Dnipropetrovsk

mardi 18 août 2009

Excellente nouvelle

Après deux semaines d’attentes à Dnipropetrovsk, nous avons enfin une excellente nouvelle à vous annoncer : nous avons notre date de jugement. En effet, Luda est passé au tribunal aujourd’hui et à obtenu auprès du juge, la date du 21 août, soit dans moins de 3 jours. Nous sommes soulagés et plutôt excités de pouvoir enfin passer devant le juge. Nous avons exprimé notre joie à Luda et lui avons promis que le champagne de la Crimée coulerait vendredi soir. Alors, à moins d’un pépin majeur, nous devrions être les parents officiels du petit Jérémie avant la fin de la semaine. Notre rêve semble enfin se concrétiser, après toute cette attente et toutes les épreuves que nous avons traversées. À partir de cette date, nous pourrons commencer à compter les jours qui nous restent avant de revenir au Canada.

dimanche 16 août 2009

Week-end à l’orphelinat

Ce week-end, nous avons poursuivi nos visites quotidiennes à notre petit Jérémie. Vendredi, nous avons constaté qu’il était quelque peu irritable. Il pleurnichait et il était de mauvais poil. Nous avons alors appris qu’il avait trois nouvelles dents qui poussaient en même temps. Samedi, il était un peu mieux, mais il faisait tellement pitié que nous l’avons gâté un petit peu en le promenant dans nos bras durant toute la visite. Il ne s’en est pas plaint… et nous non plus. Aujourd’hui, nous avons constaté que les symptômes empiraient et de fait, la nounou à la réception, nous a demandé d’aller voir le médecin en chef de l’orphelinat. Cette dernière nous a confirmé que le petit avait les gencives enflées dues à ses dents qui sortaient et qu’il avait également un petit rhume. Elle nous a alors dressé une liste de médicaments à aller chercher pour soigner notre enfant. C’est une pratique courante dans les orphelinats; si le petit est malade, les médicaments sont à nos frais. Mais ces derniers sont tellement abordables en Ukraine, que ce n’est pas nous demander beaucoup.


Après la visite du matin, nous sommes allés visiter le centre-ville de Dnipropetrovsk. La ville est très belle, avec sa magnifique artère commerciale Karla Marksa (photo de Sophie et de notre interprète Luda). Nous en avons profité pour acheter quelques souvenirs et de la broderie (le nouveau passe-temps de Sophie) et pour marcher à l’ombre des arbres. Au retour, nous avons pris le trolleybus pour revenir à l’appartement.
Cet après-midi, le petit semblait déjà beaucoup mieux et nous avons pu le voir faire des progrès dans sa façon de jouer avec nous. Nous étions très fiers et très heureux de le voir jouer avec nous comme avec ses camarades de jeu. Il a aussi fait quelques pas sans aucune aide et il s’est beaucoup amusé, assis sur un avion à roulette (photo ci-bas). Nous sommes sortis de la visite, comblés et très heureux. Nous avons déjà hâte à demain.

jeudi 13 août 2009

Quelques photos

Voici quelques photos en vrac de la journée d'hier et celle d'aujourd'hui





mercredi 12 août 2009

I love Rock’n roll

Les deux dernières journées ont été riches en rebondissements. Nous avons d’abord accueilli Ludmilla hier matin à 7H30, alors qu’elle venait de débarquer du train. Ludmilla remplace Liza comme interprète pour le reste des procédures jusqu'au jugement. Avec notre chauffeuse Oksana, nous sommes allés directement à l’orphelinat pour aller faire la prise de sang du petit Dennys avant qu’il ne déjeune. En effet, nous n’avions toujours pas fait les tests de vérification pour les principales maladies, dont le VIH, Syphilis, Hépatites B et C. Cet épisode fut particulièrement éprouvant; le médecin de l’orphelinat tenait à ce que nous assistions à la prise de sang, pour en être témoin. Nous avons plutôt assisté à une véritable torture de l’enfant, alors qu’on l’a vu crié plus de 10 minutes pendant qu’une infirmière lui tenait la tête et une autre lui soutirait du sang à l’aide d’une aiguille insérée sous le cuir chevelu. Sophie n’a même pas voulu voir cela tellement c’était traumatisant. Nous sommes ensuite allés porter le sang dans un laboratoire spécialisé, situé dans un centre médical pour sidatiques.
L’après-midi venu, nous sommes allés visiter Jérémie avec beaucoup d’appréhension. Nous avions peur qu’il nous ait vus lors de la prise de sang et qu’il nous associe à son malheur. Mais au contraire, la rencontre s’est très bien déroulée, comme c’est souvent le cas ces jours-ci.
En soirée, avec l’aide de notre interprète, nous avons passé deux heures à écrire la demande d’adoption que nous devons déposer à la cour de justice, pour obtenir notre date de jugement. Le document comportant trois pages, tricotées très serrées.
Aujourd’hui, nous n’avons pas beaucoup soufflé non plus. Nous sommes d’abord allés à l’orphelinat pour voir Jérémie et pour rencontrer la juriste. Nous avons essayé d’y aller en transport en commun pour sauver des coûts en transport (qui sont actuellement exorbitant), mais la tentative fut un échec. Le minibus que nous avons pris était bondé et le trajet habituel de 15 minutes en taxi, fût prolongé à 1 heure. Demain, nous retournerons à notre chauffeuse habituelle. Nous sommes aussi allés chez le notaire, chez l’inspecteur et au laboratoire pour avoir le résultat de l’analyse de sang. À chaque fois, c’est beaucoup de déplacement et il y a beaucoup d’attente. Nos nerfs sont mis à dure épreuve, alors qu’il faut se contrôler pour ne pas perdre patience. Fatiguer et le ventre creux, nous sommes finalement retournés à notre appartement vers 16H30, après 8 heures de course à travers la ville. Mais le plus beau, c’est que le résultat de l’analyse est négatif sur tous les plans; c’est ainsi qu’une autre barrière vient de tomber face à son adoption. Actuellement, c’est vraiment Rock’n roll et nous avons hâte à un peu de répit.

lundi 10 août 2009

Jour 1 des procédures

Ce matin, alors que nous avions très hâte de revoir Dennys, nous avons dû écourter la visite à seulement cinq petites minutes. En effet, nous devions rencontrer la directrice de l’orphelinat à 9h, mais elle s’est pointé le bout du nez à 10h30. Cette rencontre marquait le pas sur le début de la procédure d’adoption. Nous devions lui affirmer de vive voix que nous désirions adopter Dennys et qu’elle pouvait commencer à préparer les papiers nécessaires au jugement. Elle a été très gentille et elle a affirmé que nous reviendrions en Ukraine pour adopter une petite fille. Hum, on verra bien à notre retour… Ou encore, elle a prédis que Sophie tomberait enceinte de retour au Canada, comme c’est arrivé à quatre familles ukrainiennes après l’adoption d’un enfant de l’orphelinat. Enfin, après toutes ses belles paroles, Liza devait aller chez le notaire de toute urgence pour faire préparer des lettres. Liza nous a aussi surpris en nous demandant, alors que nous ne nous en attendions pas tout de suite, le nom que porterait Dennys chez nous. Nous avions déjà pensé à quelques noms, mais devant l’urgence, en moins de 2 minutes, nous lui avons dit que nous voudrions que ce soit « Jérémie ». À la sortie de l’orphelinat, nous avons insisté pour prendre quelques minutes pour aller voir Dennys jouer avec ses camarades de jeu dans le parc d’enfant situé à l’extérieur. C’était la première fois qu’on le voyait jouer avec d’autres enfants. Il était assis sur un petit train sur roue et une petite fille le tirait et le poussait pour le faire entrer en collision avec divers objets, un peu comme les voitures tamponneuses. Il s’amusait beaucoup et riait de bon cœur. Nous n’avons pas insisté plus et l’avons salué pour rejoindre Liza à la voiture.
Après le dîner, Liza est revenue nous chercher pour qu’on aille signer les documents chez le notaire. Aussitôt fait, nous sommes retournés à l’orphelinat porter les documents signés à la juriste. Après cette course effrénée à travers Dnipropetrovsk, nous avons enfin pu souffler un peu et aller visiter tranquillement Jérémie. La visite n’a pas été un gros progrès par rapport à la journée d’hier, mais on sent que le petit se sent en bonne compagnie avec nous. Liza nous a quittés par le train et sera remplacée demain par Ludmilla, une autre interprète qui viendra pour la seconde phase des procédures.

dimanche 9 août 2009

Une bonne journée


Aujourd’hui, nous sommes allés visiter Dennys en famille, alors que Sophie était presque totalement remise de sa gastro-entérite. Avec les bons soins que je lui ai prodigués (je suis une vraie nounou), elle a en effet pu venir aux deux visites, mais nous avons préféré qu’elle ne touche pas le petit, car elle est toujours un peu contagieuse. Notre permission nous donne droit a deux visites, soit une de 9h à 10h et une autre de 16h à 17h. Nous devons à notre arriver aller sonner à la porte de son groupe situé à l’étage et présenter nos passeports que la nounou conserve en garantie. Malheureusement, nous avons oublié nos passeports ce matin et ils n’ont pas voulu nous remettre l’enfant. Après quelques discutions, ils nous permirent d’attendre que le groupe d’enfants sorte jouer à l’extérieur et qu’alors seulement, nous pourrions jouer avec Dennys, mais à proximité des yeux de la nourrice. L’attente en valut la chandelle, car aussitôt dans mes bras, il n’a fait qu’une minuscule crise de cinq secondes. C’est déjà une forte amélioration par rapport à notre première rencontre. Nous avons fait ce qu’il préfère, soit pratiquer ses petites jambes à marcher dans le parc. Il adore se promener, mais il est encore très insécure et c’est pourquoi il s’agrippe fermement à mes doigts pour ne pas tomber. La marche le rend de bonne humeur et on peut le voir sourire. Nous avons ensuite donné quelques morceaux de bananes, qu’il mange lentement, mais sûrement. La rencontre s’est terminée de façon surprenante : lorsque nous l’avons remis à son groupe, il s’est assis par terre en signe de protestation et s’est mis à pleurer. Je l’ai aussitôt repris et il a cessé ses jérémiades. On pense, qu’il commence à s’habituer à nous et qu’il commence à apprécier sa petite routine avec nous.


La visite de l’après-midi s’est aussi bien déroulé. Nous lui avions apporté un jouet acheté dans un petit commerce à proximité de notre appartement. Il s’agit d’une pyramide de beignets, avec pivot central, un jeu très populaire chez nous. Il a bien aimé et s’est beaucoup amusé. C’est pour cette raison qu’il a été plutôt déçu quand nous avons rangé le jouet à la fin du rendez-vous. En quittant l’orphelinat, nous en avons profité pour signifier à Liza notre désir d’adopter Dennys, dans le but qu’elle commence les démarches le plus tôt possible. En effet, nous commençons vraiment à être impatients de revenir au pays. Nos dernières hésitations se sont envolées durant les deux derniers jours et nous entrevoyons maintenant l’avenir avec ce cher petit bout’ chou.

samedi 8 août 2009

Voici enfin des nouvelles


Nous sommes actuellement installés dans un nouvel appartement à Дніпропетровск (Dnipropetrovsk), une jolie ville de plus d’un million d’habitants située à 450 km au sud-est de Kiev. Cette ville était une ville fermée sous le règne communiste. C’était le premier centre soviétique pour la production des missiles balistiques intercontinentaux (convertis dorénavant pour la fabrication d’équipements spatiale) et un centre de recherche des plus grands scientifiques d’URSS. Pour nous y rendre, nous avons pris une cabine dans un train de nuit qui fait cette distance en 8 heures. Nous avons réussi à dormir un peu sur les couchettes, même si le train brassait beaucoup. En arrivant, nous sommes d’abord allés manger des œufs McMuffin au Macdonald. C’était la première fois que nous y allions depuis notre arrivée en Ukraine. Beurk ! Nous sommes ensuite allés chez l’inspecteur, puis à l’orphelinat rencontrer Дeнic (Dennys), un beau petit garçon de 17 mois, aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Nous avons eu un compte-rendu de son état de santé, puis Olga, l’a examiné quelques minutes. Nous avions quelques inquiétudes au niveau du kyste qu’il avait au cerveau, mais ils nous ont dit que ce type de kyste disparaissait généralement par lui-même. Il a aussi un peu d’anémie et quelques autres petits problèmes de santé mineurs pas vraiment très inquiétant, car assez fréquents chez les enfants de chez nous. Le petit ne s’est pas laissé approcher facilement et il a un peu pleuré en nous voyant. Il y avait beaucoup de monde et Dennys n’était pas tellement rassuré.
Le lendemain matin, nous sommes allés à l’hôpital, pour faire des radiographies et une échographie de sa tête, pour nous rassurer pour son kyste et pour une bosse qu’il a derrière la tête. La fontanelle étant encore ouverte de quelques millimètres, l’échographie a permis au médecin de constater que le kyste n’était plus présent (bonne nouvelle !). Pour la bosse, la radiographie n’a rien montré de spécial et le médecin a dit que c’est seulement son crâne qui est formé ainsi. Le petit n’a vraiment pas aimé cette expérience et il a beaucoup pleuré durant les examens.
Hier, pour notre visite, nous en avons un peu payé le prix. Déjà qu’il n’était pas rassuré par notre présence, maintenant nous croyons qu’il nous associe à cette mauvaise expérience. La visite ne c’est pas vraiment bien déroulée, car il a longtemps pleuré et il rejetait tout ce qu’on lui donnait (on nous a dit qu’il avait un certain caractère). Il n’a rien voulu des jouets, du toutou et même du biscuit qu’o lui offrait. Aussitôt de retour dans les bras de la nounou à la fin de la visite, il était tout sourire (on a pu voir les belles petites fossettes qu’il a sur les joues). Nous sommes partis très découragés de cette visite, car nous venions de faire un pas en arrière dans notre tentative de se rapprocher de lui.
Cette nuit, Sophie a eu une forte gastro-entérite, qui l’a contrainte à rester alitée. Je suis donc parti seul en compagnie de Liza pour la visite du matin. Aussitôt dans mes bras, il a fait une crise de plus de 5 minutes. Ensuite, après s’être calmé, il a hésité, puis s’est décidé à goûter à un morceau de banane. Il en a redemandé quelques morceaux qu’il a mangés avec un peu plus d’entrain. C’est déjà un progrès, car jusqu’à maintenant, il n’a jamais voulu rien manger de ce qu’on lui offrait. Après la collation, je l’ai fait marcher une bonne demi-heure et il a bien aimé cela. Il faut dire qu’il ne marche pas encore seul sur de longues distances. Il se tient sur ses jambes, mais il manque encore un peu de force et d’assurance. La visite s’est donc terminée sur une note positive. Il ne souriait pas, mais au moins, il ne pleurait pas. Il nous faudra quelques jours et de la patience pour l’amadouer et l’habituer à notre présence pour qu’il ne se sente plus menacé par nous. La visite de ce matin marque le pas sur la remontée de notre moral, qui n’était pas au plus au niveau hier soir. Les montagnes russes se poursuivent ; des jours ça va, alors que le lendemain notre moral peut être au plus bas. Nous nous laissons quelques jours pour prendre une décision à son sujet, mais nous restons positifs et nous gardons espoir que les jours qui vont suivre vont aller de mieux en mieux. Avec nos deux expériences précédentes, nous restons prudents et nous essayons de ne pas nous emballer trop rapidement pour ne pas vivre une autre grande déception. Pour l’instant, je soigne Sophie qui en a rudement besoin. Avec Liza, nous sommes allés acheter des médicaments ukrainiens qui devraient la remettre rapidement d’aplomb. Elle a hâte de revoir Dennys, et dans cet état, elle ne pourra probablement pas retourner avec moi avant demain.

mardi 4 août 2009

Dure journée

Alors que nous ne l’attendions pas du tout, nous avons été convoqués hier matin, pour notre troisième rendez-vous en après-midi. C’est inhabituel de donner un rendez-vous la même journée; habituellement, le SDA invite les familles pour le lendemain. Nous y avons vu là un signe positif et nous nous disions qu’il devait y avoir de belles fiches d’enfants qui nous attendaient. Lorsque nous sommes rentrés dans le bureau et que la psychologue nous a présenté les nouvelles fiches, nous avons compris qu’on venait de frapper un mur. Pour dire, le meilleur enfant qu’elle avait à nous présenté était porteur d’anticorps du VIH. Elle n’avait pas vérifié si l’enfant avait été testé positif dernièrement; elle a alors appelé à l’orphelinat et ils lui ont confirmé que l’enfant venait d’être testé et qu’il était encore positif. Ensuite, elle nous a présenté une douzaine d’enfants très malades, à grièvement malades. Tout y était : VIH, Hépatite C, porteur de tuberculose, grave problème cardiaque, microcéphalie, handicapé, retard mental, etc. Nous ne pouvions pas imaginer pire scénario catastrophe pour notre dernier rendez-vous. Nous nous sommes sentis particulièrement floués et meurtris en sortant de notre rendez-vous. On ne croyait pas que le SDA pouvait nous convoquer à un troisième rendez-vous avec absolument rien à nous présenter. Nous avons eu beau être positifs avant notre rendez-vous, notre destin n’a pu être changé, ni amélioré. Même notre poème n’y a rien changé. Devant ce précipice, nous avons néanmoins accepté d’aller voir l’enfant le moins malade. Il s’agit d’un petit garçon de 15 mois, qui a un kyste au cerveau. Tout ce qui touche le cerveau fait toujours peur, mais il se pourrait que l’enfant puisse vivre toute sa vie avec cela, sans avoir d’inconvénients. C’est ce que nous irons vérifier, en allant à Dnipropetrovsk, à 8 heures de train de Kiev. Aujourd’hui, nous préparons donc lentement nos bagages, car le train quitte la gare à 23 H.
C’était aussi l’anniversaire de Sophie, qui a eu … ans. Nous pensions que Sophie aurait un beau cadeau, mais finalement, l’atmosphère n’était plus à la fête. Mais elle reste malgré tout positive, car il reste encore un petit peu d’espoir.
Nous aimerions faire un appel à tous ceux qui ont déjà entendu ou vécu une histoire de kyste au cerveau. Tous les témoignages seront les bienvenues. Merci à tous les gens qui suivent notre blog et aux nombreux mots d’encouragements.

lundi 3 août 2009

Poème pour l’espoir

L’espoir évanescent peine, mais s’accroche,
aux branches torsadées et aux racines vaines.
Dans un arbre dense débordant de châtaignes.
Mais où sont donc les enfants, si ce n’est caché sous les roches.

Dans cet espace magique, nommé Ukraine,
Où tout est possible, parfois même l’impossible.
Il ne faut pas baisser la garde, ni laisser sourdre sa haine,
car on pourrait être la victime de sa propre cible.

La vague ondule et casse près du rivage.
Voilà un enfant, non c’est un mirage.
L’eau brune du Dnipro a une apparence incertaine,
Plus calme, elle chagrine à en recracher des centaines.

Restons fermes devant l’adversité
Tendons les paumes des mains vers le Ciel,
pour recevoir notre enfant attendu et tant cherché.
Aujourd’hui, nous l’aurons, il sera là, bien réel.

vendredi 31 juillet 2009

Toujours à Kiev

Nous sommes toujours dans l’attente interminable de notre dernier rendez-vous. Nous n’avons pas réussi à l’avoir cette semaine, donc on espère qu’on l’aura la semaine prochaine. À ce sujet, nous avons signifié à Ksénia et à Nadia notre intention de revenir au Canada si nous n’avions pas de rendez-vous la semaine prochaine. Nous n’en pouvons plus d’attendre à Kiev ce fameux rendez-vous; le temps joue contre nous et on trouve que nous avons été suffisamment patient jusqu’à maintenant. Par exemple, si nous choisissons un enfant la semaine prochaine, il se pourrait qu’on doive être en Ukraine pour encore 4 à 5 semaines, donc nous aurions à passer plus de trois mois dans ce pays. Cette décision signifie que nous pourrions retourner au pays sans enfant. Pour l’instant, on ne veut pas trop envisager cette possibilité, car notre désir d’avoir une enfant est si grand, que nous préférons penser que le SDA nous proposeras un bel enfant, en pleine santé, la semaine prochaine.
Kiev est absolument magnifique à visiter, mais après tout ce temps à l’arpenter de part et d’autres, nous avons vu tout ce qu’il y avait à visiter. Cette ville est devenue trop familière à notre goût. Elle ne renferme plus aucun mystère. Nous avons très hâte de partir vers l’orphelinat où habite notre futur enfant. L’inaction nous tue à petit feu et nous avons hâte de partir vers quoi nous sommes venus en Ukraine. Nous gardons espoir que notre patience sera récompensée la semaine prochaine. On pense qu’on le mérite…

mardi 28 juillet 2009

Réunion de mise au point

Nous nous sommes réunis hier dans notre appartement, en compagnie des deux autres familles adoptives du Québec, de Ksénia et de Liza, notre interprète. Les deux autres familles sont actuellement dans la même situation que nous, c’est-à-dire, qu’ils sont eux aussi dans l’attente de leur troisième et dernier rendez-vous. Cette situation est exceptionnelle et c’est la première fois qu’elle survient à l’agence TDH. Ksénia nous a clairement fait état de la situation actuelle qui est très difficile, et elle n’a pas caché que ce ne serait pas facile pour aucune famille. Ksénia fait tout son possible, mais elle fait face à un creux d’enfants adoptables. Elle nous a même évoqué la possibilité de repartir au Canada et de revenir plus tard à l’automne pour le dernier rendez-vous, lorsque la situation sera meilleure. De notre côté, nous l’avons formellement informé que nous ne sommes pas intéressés par cette solution, car nous ne croyons pas que nous aurons l’énergie et le courage de revenir plus tard. La réunion d’hier avait toutes les allures d’une réunion de crise et nous en sommes tous ressortis un peu secoués. Néanmoins, Ksénia suit nos dossiers de proche et elle va se rendre au SDA à tous les jours pour tenter de nous dénicher un rendez-vous gagnant. Notre espoir repose presque entièrement sur elle. Il ne faut pas perdre espoir, car il nous reste un rendez-vous.

jeudi 23 juillet 2009

C’est la galère

Hier, nous sommes revenus à Kiev avec le moral complètement à plat. Nous nous sommes installés sans enthousiasme dans notre cinquième appartement dans le but d’attendre notre troisième et dernier rendez-vous au secrétariat d’adoption (SDA). Étant donné que nous étions persuadés que nous n’aurions probablement pas de rendez-vous avant la semaine prochaine, notre morosité a atteint un véritable creux en pensant à la semaine d’attente qui nous attendait à Kiev. Mais comme l’Ukraine est un pays insaisissable et imprévisible, nous avons été surpris d’avoir un appel de Lisa en soirée nous annonçant que nous aurions notre dernier rendez-vous le lendemain à midi. Nous étions très heureux, car nous croyions enfin notre chance arrivée. Ce matin, nous étions en train de nous préparer lorsque Lisa nous a appelés pour nous dire que le rendez-vous était annulé, faute de n’avoir aucune fiche d’enfant à nous présenter. Bon, vous aurez compris que notre moral a replongé aussitôt au plus bas. Nous sommes découragés en pensant à tous le temps qu’il nous reste encore à passer ici, mais nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de notre rêve, quitte a passer le reste de l’été en Ukraine. Nous allons donc attendre patiemment notre prochain rendez-vous, qui sera déterminant pour nous. Nous sommes dans une véritable galère et nous ramons vraiment très fort pour arriver à destination.

mercredi 22 juillet 2009

Les montagnes russes

Alors que nous croyions qu'Alexandre était l'enfant tout désigné pour nous, voilà que nous apprenons que le pronostic n'est pas bon pour son avenir. Notre coordonnatrice nous a rappelé hier pour nous faire part de son inquiétude. Elle venait de reparler à notre pédiatre Olga et cette dernière est unanime face à ses conclusions. Nous nous sommes fiés sur l'avis médical d'Olga, car c'est probablement une des meilleures pédiatres d'Ukraine. Nous avons décidé de revenir à Kiev dans l'attente du dernier rendez-vous. Nous repartons donc ce matin, juste après avoir passé chez l'inspecteur signé notre lettre de refus. C'est une décision qui nous a arraché le cœur, car nous commencions déjà à nous attacher à cet enfant, qui était doux, vif et joyeux et que nous voyions déjà ramener à la maison. Retour encore une fois à la case départ.

mardi 21 juillet 2009

Encore des incertitudes

Comme prévu, nous sommes arrivés à Kirovohrad hier matin avec le médecin. Nous nous sommes d’abord installés dans un appartement avec notre interprète Anna. En effet, elle sera avec nous pour un certain temps. Nous sommes ensuite allés à l’orphelinat où nous sommes allés retrouver Oleksandr, qui nous a accueillis avec un magnifique Dobry dien (bonjour). Olga l’a alors examiné et a pris ses mesures. Malheureusement, elle trouve qu’Oleksandr est beaucoup trop petit pour son âge (poids, taille et périmètre crânien). La grosseur de sa tête l’a particulièrement inquiété, car elle croit que cela pourrait entraîner des problèmes de développement de toutes sortes. Elle nous a donc suggéré d’aller consulter un généticien, ce que nous allons faire dès demain si nous pouvons avoir un rendez-vous (ici, c’est assez rapide). Nous savons qu’il est né prématurément et qu’il a dû rester cinq mois à l’hôpital et qu’il n’a pas pu avoir ses vaccins avant un an, car son poids n’était pas suffisant. Nous trouvons malgré tout qu’il est éveillé et qu’il apprend vite, mais qu’on le veuille ou non, la peur et le doute s’installent à nouveau. Nous allons donc attendre demain d’avoir l’avis du généticien avant de nous prononcer et prendre une décision.

samedi 18 juillet 2009

Rencontre avec Oleksandr


Nous avons fait hier, comme prévu, un voyage allez retour à Kirovohrad pour aller rencontrer Alexandre (Oleksandr en ukrainien), un petit garçon de 3 ½ ans. Les 375 km entre Kiev et cette ville se font généralement en 5 heures, mais grâce à la fougue d’un pilote de Formule 1 de notre chauffeur Roman, nous l’avons fait en 4 heures. Notre première impression avec le petit a été très bonne, surtout que nous ne nous faisions pas de faux espoirs. Avec le traumatisme occasionné par notre expérience précédente, nous sommes allés visiter cet enfant avec plus d’objectivité et même avec une certaine crainte. Nous avons donc été agréablement surpris. Nous avons rencontré la psychologue, le médecin et le juriste de l’orphelinat qui nous tous parlé du petit. Ça c’est fait avec beaucoup de professionnalisme et ça nous a beaucoup rassurés. Ensuite ils nous ont laissés seuls avec le petit dans une salle de jeu ou nous avons pu jouer avec lui et l’observer. Le contact s’est bien fait et nous avons beaucoup aimé sa personnalité. Il est doux, calme et il aime le jeu. Nous allons déménager dans cette ville lundi et notre médecin nous accompagnera la première journée pour qu’elle puisse l’examiner en détail. Mais pour cela, nous n’avons pas de crainte, car selon le médecin de l’orphelinat, il est en parfaite santé. Après, selon la conclusion d’Olga, nous prendrons notre décision qui déterminera si nous enclenchons, ou non, le processus d’adoption. Mais nous fondons beaucoup d’espoir en ce petit. Espérons que cette fois-ci sera la bonne.

jeudi 16 juillet 2009

Notre deuxième rendez-vous

Nous avons finalement eu notre deuxième rendez-vous hier à 14h. On nous a d’abord présenté Katarina, une petite fille de 2 ans, que nous avons accepté d’aller visiter à l’orphelinat de Mykolaïv, sur la mer Noire. Mais, après vérification, le secrétariat d’adoption a constaté que cette fille n’était plus adoptable, car une famille qui avait précédemment adopté sa sœur désirait l’adopter. Ils nous ont alors refaits entrer dans le bureau et ils nous ont cette fois présenté une seule fiche d’un petit garçon de 3 ½ ans, qu’on a d’abord refusés. Cependant, Ksenia n’a pas accepté si facilement notre refus; elle nous a convaincus qu’il fallait au moins aller sur place pour voir l’enfant et qu’on ne pouvait pas seulement se fier à une photo. Comme nous avons confiance en elle et en son expérience, nous nous sommes rangés à ses arguments. Il est vrai que notre première expérience nous a marqués et que nous avons peur que ça se reproduise une deuxième fois, mais nous devons surmonter nos peurs et continuer d’aller de l’avant. Nous devrions donc prendre la route pour Kirovohrad dès demain matin.

lundi 13 juillet 2009

Rendez-vous avorté

Notre rendez-vous, qui aurait pu avoir lieu aujourd’hui, est finalement reporté à mercredi matin, tel qu’il avait été précédemment prévu. Ksenia, notre coordonnatrice, a passé la journée au département d’adoption dans le but d’essayer de glaner de l’information sur les enfants adoptables. Devant le décevant constat qu’il n’y a présentement aucun nouveau dossier qui correspond à nos critères, elle a préféré attendre le rendez-vous officiel, plutôt que de tenter de faire glisser notre rendez-vous aujourd’hui, tel qu’elle l’espérait. Ksenia travaille très fort pour nous et elle tente par tous les moyens de faire de notre prochain rendez-vous, une rencontre gagnante. Pour nous, c’est une déception, mais ce n’est rien par rapport à tous les parents qui se sont pointés aujourd’hui et qui sont ressortis déçus de leur rencontre infructueuse. On garde donc un peu d’espoir pour mercredi, mais on ne se fait pas d’idée. Peut-être que le troisième rendez-vous sera le bon.

vendredi 10 juillet 2009

De belles rencontres

La journée d’hier fut ponctuée de belles rencontres de quelques parents adoptifs de chez nous, qui sont à des degrés divers dans leur processus d’adoption. Vers 11h, nous sommes d’abord partis avec Carol, Manon et leurs deux filles vers la Place de la révolution (Mayden Nezalejnosti) et avons rejoins Éric, Lucie et leur garçon pour un petit dîner. Ces derniers n’utilisent pas la même agence que la nôtre. Ils ont été rencontrés par hasard dans la rue par Carol et Manon. Nous sommes ensuite allés prendre une petite bière à leur appartement, puis avons déambulé tous les neuf dans la ville. Nous avions beaucoup d’expériences communes à partager et on peu dire que nous n’avons pas vu l’après-midi passer, tellement elle fût agréable.
Aussitôt revenus à l’appartement, le téléphone sonne à nouveau. C’était Dany et Nathalie, le dernier couple débarqué en Ukraine et qui venait d’avoir leur premier rendez-vous le matin même. Nous leurs avons fixé rendez-vous en soirée dans un petit parc jouxtant nos appartement respectifs. Nous avons une fois de plus pu partager nos expériences réciproques, alors que leur premier rendez-vous fut un échec et qu’ils sont en attente de leur deuxième rendez-vous.
Toutes ces familles sont très gentilles et nous nous sommes liés très rapidement. Nous allons garder contact régulièrement, dans le but de s’entraider et se serrer les coudes. Ça fait du bien de se réunir entre concitoyens, alors que nous sommes si loin de notre famille et de nos amis. Ce fût une journée particulièrement enrichissante et pleine d’espoir.

mercredi 8 juillet 2009

Enfin une date !

Nous venons tous juste de recevoir la visite de notre coordinatrice Ksenia, accompagnée de notre interprète habituelle, Liza et d’une nouvelle interprète, Anna. Elles sont venues pour nous proposer deux dates de rendez-vous : demain, jeudi, ou lundi prochain. Ksenia pense que nous devrions attendre lundi, car plusieurs nouveaux dossiers risquent de s’accumuler durant le week-end, augmentant ainsi nos chances d’avoir des propositions intéressantes. Nous avons donc accepté d’attendre lundi. C’est encore des journées de perdues, mais nous sommes heureux d’avoir enfin un rendez-vous de fixé. Si tout va bien, nous pourrions être partis de Kiev mardi soir. En attendant, Ksenia nous a proposé quelques activités à faire avec les nouveaux arrivants. Une chose est sûre, nous allons arriver à notre deuxième rendez-vous beaucoup plus reposés et avisés qu’au premier. On vous redonne des nouvelles…